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The Wellbeing Summit : Comment faire du bien-être une valeur universelle ?

Rédigé par: Thierry Fiorilli
Date de publication: 6 déc. 2023

Durant deux jours, à Bruxelles, le Wellbeing Summit a rassemblé plus de 300 personnes, dont des leaders économiques et politiques, belges ou non. Les échanges ont porté sur les pratiques à adopter ou encourager pour lutter contre le mal-être, de la sphère privée à l’échelle globale. Sachant qu’il y a urgence à tous les étages.

Wellbeing Summit

Deux jours d'immersion intensive dans une thématique toujours plus d'actualité. 

Vingt conférences-débats, une cinquantaine d’intervenant(e)s venu(e)s de partout dans le monde et plus de 300 participant(e)s. La première édition bruxelloise du Wellbeing Summit, les 16 et 17 novembre derniers au social club TheMerode, a proposé deux jours d’immersion intensive, et sous formes très variées, dans une thématique toujours plus d’actualité : la préservation et le développement du bien-être tant individuel que collectif, tant dans la sphère privée que sociale et professionnelle, et tant à l’échelle locale que planétaire.

Economistes, scientifiques, chef(fe)s d’entreprises, représentant(e)s politiques, membres d’organisations ou fondations, consultant(e)s, expert(e)s en ressources et relations humaines, activistes du climat et militant(e)s pour la paix y ont partagé pratiques et convictions en la matière. Au final, une large palette de pistes et solutions. Indispensables, puisque l’ère est aux burn-out, dépressions, éco-anxiété et crises climatiques, sanitaires, sociales et économiques, sur fond de guerres en Ukraine et au Proche-Orient, de remontées des extrémismes et de tsunamis technologiques.

« Une seule bougie permet d’en allumer mille », a insisté lors de la cérémonie d’ouverture Denis Knoops, président du conseil consultatif de TheMerode, définissant ainsi l’objectif principal de l’événement. Ce fut le cas : au fil des témoignages et échanges, et à travers des approches et des objectifs différant parfois selon les fonctions, les générations, les genres, les crédos et les parcours, c’est une vision de société apaisée, éclairée qui s’est dessinée, deux jours durant. Une vision que beaucoup de celles et ceux y ayant pris la parole ont déjà transformée en réalité, depuis plus ou moins longtemps. Elle consiste à établir et garantir des relations respectueuses avec soi-même, avec l’entourage proche, avec ses collègues ou ses employé(e)s, avec l’ensemble de la société et du globe. Ce qui exige d’autres modèles de pensée, de comportements, d’aspirations, de management. Et d’économie, comme ont plaidé avec humour, gravité, fougue ou douceur certaines personnalités qu’on peut qualifier, toutes, à leur niveau, d’actrices du changement.

Sandrine Woitrin, cofondatrice du Wellbeing Project, qui regroupe 200 organisations internationales se consacrant au changement social global et qui organise tous les deux ans aux Etats-Unis le Wellbeing Summit mondial, a ainsi affirmé que « le bien-être est devenu un but partagé » et qu’on ne l’atteindra « que collectivement, ce qui inclut nos institutions, politiques et financières, et les business leaders ».

En écho, Robin de Carteret, enseignant au Schumacher College (Devon, Grande-Bretagne), a prôné la modification de nos encore trop généralisées façons de réfléchir et de fonctionner lorsqu’on évolue au sein d’un groupe, d’une communauté ou d’une entreprise : « Il faut agir de façon holistique, et non plus pyramidale », pour accéder à une sorte d’harmonie, chorale, dans quelque écosystème que ce soit. Démonstration à la clé, via l’exercice de l’applaudissement d’une foule : au départ, on frappe à son propre rythme, ce qui peut tourner à la cacophonie, mais plus on applaudit, plus on s’accorde aux autres et plus on finit sur une même et unique cadence.

Wellbeing Summit

Ce "sommet" a pris des formes très variées, jusqu'à des séances de yoga. 

Tania Singer, psychologue et directrice scientifique du laboratoire de neurosciences sociales de la Max Planck Society (Berlin), a, elle, exposé les conclusions de ses recherches sur « le système humain » versus « le système économique » qui est le nôtre : avantages flagrants du premier puisque, souvent, il « génère empathie, chaleur, affect, compassion », là où le second nous cause généralement « stress, peur (de perdre son poste, son argent, son pouvoir), pression, agressivité ». Concrètement, plus on évolue dans un environnement bienveillant, plus grandes sont l’attention consacrée à une tâche, la collaboration avec les autres, l’écoute et l’absence de conflits au long cours.

Pour sa part, Satish Kumar, défenseur indien d’une écologie holistique, a exhorté (comme il l’avait fait dans son interview accordée au Soir le 6 novembre dernier) à « remplacer notre obsession de croissance économique par la priorité à la croissance du bien-être des individus, des populations et de la planète. En partant de la base, des gens, de la culture. » 

Sandrine Dixson-Declève, docteure en sciences de l’environnement, conseillère en transition économique et environnementale, présidente du Club de Rome et responsable du projet Earth for All, n’a pas dit autre chose, rappelant les cinq conditions de survie de cette planète : « La fin des inégalités, la fin de la pauvreté, l’autonomie des peuples, l’autonomie énergétique et l’autonomie alimentaire. » Soit un bien-être individuel puis collectif, à instaurer d’abord au niveau local, avant de gagner les échelons régional, national, continental et enfin global. Comme une bougie en allume mille autres. La parole tenue dans notre dossier spécial par plusieurs intervenant(e)s du Wellbeing Summit de Bruxelles l’illustre également.

Sandrine Woitrin [square]   Satish Kumar [square]

Sandrine Woitrin, cofondatrice du Wellbeing Project et Satish Kumar, défenseur indien d’une écologie holistique