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«La transformation numérique n’est pas un choix»

Rédigé par: Youri Demianoff
Date de publication: 17 déc. 2018
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Bernard De Cannière

Les décideurs doivent prendre des risques, estime Bernard De Cannière.

Les besoins des entreprises en profils et services IT seraient à l’heure actuelle nettement sous-évalués. Par cette assertion Bernard De Cannière, Directeur Général d’Audaxis (Une société de services informatiques, filiale du Groupe Contraste Europe), souhaite conscientiser les décideurs et chefs d’entreprise sur la nécessité d’incorporer la révolution numérique au cœur de leur réflexion stratégique. Selon ce professeur qui enseigne la transformation numérique à la Solvay Brussels School (ULB), trop peu d’entre eux en cerneraient à l’heure actuelle les risques, opportunités et réels enjeux.

La révolution numérique touche indubitablement quasi tous les pans de l’économie et tous les secteurs d’activité. Encore trop souvent perçue comme un outil ou un moyen technique à disposition des finalités de l’entreprise, ses impacts réels seraient très sous-estimés. «Il m’apparaît au travers de mes différentes expériences un écart extrêmement significatif entre la majorité des demandes des entreprises et la réalité de la transformation numérique», introduit-il.

Cela signifierait-il que ces décideurs soient dans une vision trop autocentrée les empêchant d’envisager la transformation numérique avec lucidité? «Trop peu de décideurs acceptent de faire leur deuil de modèles aujourd’hui dépassés et de créer une réelle culture d’ouverture», poursuit-il. «Nous sommes à un tournant décisif où ceux qui n’envisagent pas le digital en tant qu’outil stratégique se mettent en difficulté. Etre attentif et suivre ce qui se fait ailleurs est nécessaire mais pas suffisant. Il faut prendre des risques, accepter de se tromper et adopter une vision globale et à long terme, dépassant celle du simple et immédiat retour sur investissement. Le digital brise un certain nombre de paradigmes. La production actuelle permet par exemple de faire du hautement personnalisé avec un volume de masse. C’était inconcevable auparavant.»

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Accepter de se tromper serait donc une des clés pour réussir sa transformation numérique. Une des forces d’un des géants du commerce en ligne (vendant notamment des livres) serait en effet d’accepter très facilement de s’être trompé sur un projet et de le jeter sans regarder en arrière.: «Fail, but fail fast and cheap.» Cette philosophie, combinée à sa stature financière, lui permet d’en mener plusieurs de front, tels des laboratoires d’idées, et de très vite les analyser pour ne garder que les meilleurs et leur allouer plus de ressources, favorisant ainsi leur développement rapide. Reste à combiner les compétences techniques et humaines; et aider le dialogue entre experts et non-experts pour matérialiser concrètement cette vision.

«Cela passe en premier lieu par un changement de culture et d’état d’esprit. Il faut accepter tant l’incroyable rapidité des évolutions que leur complexité, ce qui implique de ne pouvoir tout maîtriser», assure Bernard De Cannière. «En termes de ressources humaines, cela nécessite de rassembler des profils extrêmement différents autour de la table. Une ultra-spécialisation des profils IT est aujourd’hui nécessaire. Il est impossible de bâtir du multicanal sans se poser les bonnes questions. Sortir de sa zone de confort, prendre de la distance et accepter un degré d’incertitude plus grand constituent déjà un bon point de départ. Enfin, je pense qu’il est crucial de souligner l’importance fondamentale d’intégrer la question de l’éthique dans tous ces processus de réflexion.»

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